Matatoune V.

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Pourquoi ce titre « vagabonderautourdesoi »? Qu’on parte à l’autre bout du monde, au bout de notre rue, qu’on se concentre sur la lecture d’une phrase, à la vue d’un tableau, à l’écoute d’une musique, à la vue d’un film, d’une pièce de théâtre, etc. j’ apprends chaque jour un peu sur le monde et sur moi ! (…)

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31 août 2021

Une nopuvelle écrivaine

Premier roman de Lou Kanche, Rien que le soleil, titre extrait du Barbe Bleue de Perrault raconte une année scolaire de la vie d’une jeune femme confrontée à ses rêves inassouvis d’une vie différente et son quotidien devenu, au fil des mois, banal et routinier. Une voix littéraire se découvre certainement en cette rentrée littéraire !
Norah Baume est une jeune professeure de Lettres mutée à Garches lès Gonesse en banlieue parisienne. C’est la rentrée dans son lycée. Débarque en retard dans sa classe un adolescent sûr de son pouvoir attractif, avec une confiance décuplée de son charme et qui s’amuse du trouble croissant de son enseignante.
L’ennui et le costume trop étriqué du professeur font que Norah a de plus en plus de mal à tenir son rôle, surtout que l’image de l’adolescent commence à l’obséder. La routine ne suffit plus à effacer le vide de son existence, comparé à ce qu’elle avait imaginé. De plus, il y a six mois, son père est décédé.
Norah continue à proposer ses cours en perdant de plus en plus son enthousiasme. Ainsi, avec un extrait de la Chartreuse de Parme de Stendhal, elle bâtit sa séquence pédagogique autour de la modernité du personnage en littérature : Alors, le héros, Fabrice Del Dongo est subjugué par la beauté d’un valet. Il arrête son geste criminel pour ne pas ternir cette image parfaite. C’est une métaphore du trouble ressenti par l’enseignante qui découvre, en circulant dans les rangs, que le bel adolescent n’a pas son texte devant lui. Trahison instantanée, le dérapage approche !
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30 août 2021

A découvrir surtout actuellement !

S’il n’en reste qu’une de Patrice Franceschi apporte pour cette rentrée littéraire un souffle d’actualité en permettant à sa journaliste de reconstruire l’histoire de deux combattantes kurdes au destin héroïque époustouflant qui plonge le lecteur au cœur de l’essentiel !
Originaire du Québec, Rachel Casanova est journaliste grand-reporter depuis dix ans à Sidney Match. Son boss Jim Billingman lui propose de partir au pays Rojava, nom ancien du pays Kurde pour écrire un reportage sensible sur leurs combattantes. Si elle réussit, il pourrait aussi devenir un livre. Pourquoi pas !
C’est en visitant Kobané avec son guide, Mohamed, que Rachel exprime l’envie de sortir du circuit habituel et de visiter le cimetière kurde. Alors, juste avant de reprendre l’avion du retour, on la dépose pour trente minutes, montre en main, avant de venir la rechercher. Comme une ville fantôme, elle découvre que presque toutes les tombes ont été saccagées. Mais une tombe deux fois plus grande et plus massive attire son attention. Juste à côté dans un cadre de bois, deux visages de femmes sont photographiées côte à côte : Tekochine et Gulistan.
Rachel va remonter leur histoire, Hevala Tekochine, à peu près quarante ans, et Gulistan, juste vingts ans d’origine yézidi, toutes les deux tuées lors de la dernière offensive turque en 2019. La première était commandante d’un bataillon à Kobané. La seconde, retrouvée sans famille, s’est trouvé auprès des yapajas, combattantes kurdes, et les yapaguès, leurs homologues masculins, une famille, un combat et une mission.
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Roman

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27 août 2021

Un très bon moment de lecture

Avec Artifices, Claire Berest éclaire de tout son talent littéraire l’imbrication de performances d’art contemporain et des souvenirs traumatiques enfouis dans le passé. En abandonnant les personnages féminins aussi très proches du monde de l’art, ce roman plonge son lecteur dans une intrigue particulièrement bien menée sur fond de mal être et d’happening.
Abel Bac fait un cauchemar et entend trifouiller dans la serrure de sa porte d’entrée. C’est la voisine du dessus, complétement ivre, qui s’est trompée d’étage. Gentiment, il décide de l’aider à rejoindre son appartement et l’allonge en dégageant bien sa bouche pour qu’elle ne s’étouffe pas dans son vomi ! Ne pouvant se rendormir, il sort et se fatigue en marchant dans la nuit de Paris. Suspendu depuis une semaine, il a la terrible sensation que son monde s’écroule, lui le flic intègre, méticuleux mais taciturne. Dans quelques jours, l’IGPN le convoque pour donner explications de cette mise à pied sous dénonciation téléphonique anonyme. .
Jérôme Masson, avocat qui la suit depuis le début de sa carrière, téléphone à Mila chaque jour y compris le dimanche. Personne ne connait la véritable identité de Mila bien qu’elle fasse des performances dans le monde entier depuis vingt-ans, un peu comme un Banski en happening. Ses œuvres se vendent des millions chez Chritie’s et Sotheby’s. Sa carrière a commencé en accrochant des poupées grandeur nature à l’ effigie de personnes connues sur des lieux emblématiques comme celle de Jean Moulin sur les pales du Moulin Rouge !
Mais, aujourd’hui, à trente-neuf ans, son anonymat lui pèse. « Mila qui ne s’appelait pas encore Mila » était une jeune fille sérieuse et brillante reçue au bac en 2000 au lycée Paul Bert d’une petite ville du Loiret. C’est d’ailleurs là qu’elle a connu Jérôme.
Abel Bac s’est construit des digues pour domestiquer l’angoisse qui généralement arrive dès qu’une nouveauté pénètre sa vie. Alors, lorsque Elsa, la voisine étudiante en thèse d’histoire de l’art, décide de s’excuser et de lier conversation, Abel fuit. Rien dans sa vie n’est laissé au hasard quitte à développer des tocs en pagaille, des malaises et des cauchemars récurrents. Le seul espace qui le ressource reste son appartement avec toutes ses orchidées, quatre-vint quatorze précisément !
Chroniques complète avec photos ici
https://vagabondageautourdesoi.com/2021/08/27/claire-berest/

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26 août 2021

A découvrir !

Céline Bentz choisit pour cette rentrée littéraire 2021 de présenter son premier roman Oublier les fleurs sauvages situé au cœur du Liban des années 1980. Il raconte la guerre fratricide, la misère, les communautés qui s’affrontent et l’exil vers l’étranger présenté comme un refuge pour sauver les espoirs d’une famille !
Car dans ce pays, ce sont les années de plomb où la guerre civile fait rage depuis le milieu des années 70. Oublier les fleurs sauvages commence à l’été 84 et présente Amal, jeune fille scolarisée en première, qui doit travailler pendant ses longues vacances d’été chez un tailleur pour aider sa famille. Petite dernière d’une fratrie de sept, elle est choisit par ses parents comme celle qui doit porter les aspirations de la famille.
Du côté de l’histoire
Et parce que ses parents ont toujours attachés de l’importance à la qualité de son éducation, Amal a le projet de devenir pédiatre et de poursuivre son apprentissage de la musique. Deux interdits pour une jeune fille de sa communauté dans ce Liban où plus personne ne croit à une paix possible.
Après son bac, son frère aîné, Abbas, souhaite l’accueillir chez lui en Lorraine pour qu’elle puisse poursuivre ses études. Il est architecte et ingénieur et s’occupe de reconstruire les mosquées au quatre coins du monde du golfe. Seulement, Abbas n’est pas souvent en France et pour sa femme, Marie-Rose, professeur d’italien, Amal pourra la seconder pour s’occuper des deux enfants du couple.
Chronique et photos ici
https://vagabondageautourdesoi.com/2021/08/26/celine-bentz/

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25 août 2021

Excellent moment de lecture !

Décidément, cette rentrée littéraire 2021 est étonnante et Revenir à toi de Léonor de Recondo ne déroge pas à l’unité que j’y pressens, celle qui imbrique les récits sur l’intime. Léonor de Recondo propose à partir du récit des retrouvailles entre une fille et sa mère disparue, un cheminement de renaissance, en s’appuyant sur les mythes antiques, qui débouche sur une liberté délestée du poids de l’absence et du manque.
Magdalena, comédienne reconnue, doit jouer Antigone de Sophocle au prochain Festival d’Avignon. La prochaine répétition aura lien dans quelques jours. Néanmoins, un matin, elle reçoit de son agent un message attendu depuis trente ans. « On a retrouvé ta mère, voici son adresse …! »
Sans prendre de valise ni prévenir quelqu’un, elle saute dans le premier train pour rejoindre le Lot et Garonne et son canal où une maisonnette d’éclusier l’attend à Calonges. Magdalena a la beauté des années 50 avec sa peau de lait et ses cheveux épais et brillants qui vont dans tous les sens. Sa démarche est souple et déterminée, à la fois. Les regards sont hypnotisés par son attrait mais ne tentent rien, en général, se contentant de prendre l’essence de son aura. A la regarder ainsi, qui penserait que Magdalena s’est longtemps dégoutée !
Après le départ soudain de sa mère, déjà en dépression profonde, l’enfant qu’elle était s’est heurtée à l’absence, au sentiment de dépréciation car normalement on n’abandonne jamais son enfant ! Antigone d’Anouilh montée au collège l’a sortie du marasme en mettant dans sa bouche les mots qu’elle ne pouvait dire. Du coup, le théâtre plus que le cinéma lui sert de porte-voix aux héros de tragédie qui la maintiennent debout !
Léonor de Recondo raconte cette reconquête avec des retours en arrière sur son passé et ses difficultés rencontrées pour arriver à grandir et devenir adulte. Tout au long du processus Magdalena abandonne l’image qu’elle s’est donnée pour plus d’authenticité. Ce changement suit le retour d’une mère lointaine perdue avec ses chats et sa misère.
Chronique avec photos ici
https://vagabondageautourdesoi.com/2021/08/25/leonor-de-recondo/