Librairie coiffard

Douna LOUP

Zoé

17,00
Conseillé par (Libraire)
31 janvier 2023

Conseillé par Stéphanie

En janvier 2018, à la sortie d'un concert, Douna Loup a un prénom en tête : Boris. C'est une chanson dédiée à une jeune militante de gauche jetée à la mer d'un hélicoptère par les soldats de Pinochet en 1976 qui fait resurgir ce prénom. Boris était le grand oncle de l'autrice. Il a disparu au Chili en 1985, "et cette chanson résonne comme un appel à me souvenir et à aller voir".
Le 5 janvier 1985, Boris Weisfeiler, universitaire mathématicien, né en URSS au sein d'une famille juive exilée aux USA, randonnait au Chili. Habitué aux longues marches solitaires dans les grands espaces sauvages, Boris savait s'adapter à la nature inhospitalière, il aimait ça. Pourtant ce 5 janvier 1985, on perd sa trace près de la rivière El Ñuble, pas très loin de la Colonia Dignidad, une secte allemande "suspectée de pratiquer la séquestration, la torture et bien d'autres atrocités au pied des Andes".
Douna Loup décide de prendre contact avec Olga, la sœur de Boris qui vit aux États-Unis et correspond avec elle pendant une année. Et puis, en janvier 2019, elle se met en mouvement. Avec ses filles, elle part d'abord pour Boston puis pour le Chili.
Pendant trois mois, la jeune femme rencontre, enquête, interroge et s'interroge. Le portrait de son oncle se dessine puis s'efface, pas facile d'y voir clair quand les plus proches témoins refusent de parler. Douna se blesse gravement dès le début de son séjour mais ne renonce à rien.
La poursuite de ce fantôme, cet oncle insaisissable dont la petite histoire rejoint la grande surprend l'autrice qui voit son enquête se transformer en quête beaucoup plus intime, et nous offre de très belles pages de lecture.

Conseillé par (Libraire)
31 janvier 2023

Conseillé par Agathe

Faire son coming-out, ou « sortir du placard » c’est révéler publiquement son orientation sexuelle ou son identité de genre. Pour les personnes concernées, cette confession est le plus souvent volontaire mais peut aussi parfois être forcée. Faire son coming-out c’est se révéler aux autres mais aussi à soi-même et ce processus peut s’avérer être un long chemin, plein d’incertitudes lorsque le manque de représentation se fait sentir. Elise Goldfarb et Julia Layani en créant leur podcast « Coming-Out », dont est adapté le livre paru aux éditions Stock, tâchent de mettre fin à cette absence d’identification en interrogeant à ce sujet quelques anonymes mais aussi de nombreuses personnes connues dont Augustin Trapenard, Pomme ou encore Xavier Dolan qui abordent l’homosexualité, la transidentité, les premières fois ou encore les croyances religieuses dans des déclarations intimes et personnelles. L’objectif étant de témoigner en toute sincérité, de libérer la parole et de délivrer un message d’acceptation et de bienveillance. « Coming-out » le podcast comme le livre deviennent alors des médiums pour inclure, comprendre et soutenir la cause LGBTQIA+.

Éditions Gallmeister

25,90
Conseillé par (Libraire)
31 janvier 2023

Conseillé par Joséphine

Le prologue, d’une grande force immersive nous plonge aussitôt dans ce nouveau thriller de Piergiorgio PULIXI, aux cotés des enquêtrices Eva Croce et Mara Rais, rejointes rapidement par Vito Strega. Cet excellent trio va se lancer sur les traces d'un « justicier » surnommé le Dentiste au profil ambivalent. En se servant des réseaux sociaux et des médias de masse, le Dentiste se donne pour mission de corriger les déficiences du système judiciaire italien. À cette fin, il enlève ses victimes, les filme, titre ses vidéos « La loi, c'est toi » et invite les foules à décider de leur sort. Le hic : ses victimes ont échappé à la justice alors qu'elles étaient coupables de crimes terribles.

Dans un style cinématographique, avec des chapitres courts, "L’Illusion du Mal" nous tient en haleine de bout en bout !

Conseillé par (Libraire)
26 janvier 2023

Conseillé par Manon R

1959, Algérie. Naja a trois filles, Maryam, Sonia et Nour la petite dernière. Saïd, le père, est parti travailler en France laissant derrière lui sa famille. Cinq ans ont passé, il a réussi à mettre assez d’argent de côté pour les faire venir à Paris. En France, ils s’imaginent vivre une vie plus confortable mais ils sont vite confrontés aux problèmes d’intégrations des familles algériennes. Installés dans un HLM en bordure de la capitale, les classes sociales et les origines de chacun se mélangent. Et puis un jour, Naja tombe enceinte. Mais est-il raisonnable de garder cet enfant dans ces conditions de vie si modestes ?

"Soleil amer" est un roman porté par des personnages féminins forts et lumineux. C’est aussi l’histoire de ces trois jeunes soeurs qui deviendront des femmes et qui vont devoir se construire dans une dualité, entre tradition culturelle algérienne et modernité de leur époque.

Lilia Hassaine a cette manière de raconter les choses, le quotidien et la vie, de façon saisissante pour livrer un récit captivant tout en pudeur. Elle nous dévoile le destin de cette famille des années 60 jusqu’aux années 80, avec beaucoup de justesse. Elle nous confronte aux questions identitaires et à la dure réalité de la vie d’immigrés. "Soleil amer" est un livre à la fois plein d’espoir et plein de désillusions.

Le Livre de poche

8,70
Conseillé par (Libraire)
26 janvier 2023

Conseillé par Chloé et Stéphanie

Il y a longtemps Julya s'appelait Hülya. Mais trente ans passés en France et une volonté farouche d'effacer toute trace de ses racines turques ont eu raison de cette identité. Parfois, dans les moments de fatigue, une petite pointe d'accent remonte à la surface pour qui sait écouter.
Esra Zaman, la mère de Julya est la Claudia Cardinale turque, c'est une sultane dans le coeur de son peuple, une star d'Istanbullywood récompensée par le statut de "Trésor National". Après de fortes tensions à l'adolescence, Julya a quitté la Turquie pour Paris, fuyant ainsi cette mère flamboyante, exubérante, trop envahissante. Plusieurs ombres planent sur cette fuite, l'ombre du père disparu et l'ombre d'une trahison maternelle.
Mais alors que mère et fille sont en froid depuis des années, à l'aube de sa mort, la grande Esra Zaman charge Julya d'écrire un dernier discours, un dernier hommage pour son enterrement prévu en grande pompe, un dernier pied de nez à un régime qu'elle aime provoquer. D'abord réticente, Julya va bien devoir laisser une petite place à l'ancienne Hülya. A travers une structure narrative magnifiquement maîtrisée, le lecteur replonge avec elle dans les souvenirs de sa mère, dans ses grandes gloires et ses amours passionnels, marqués au fer rouge par l'instabilité politique, la répression, la révolte, la peur et le pouvoir de l'Art et la culture.
Ce roman est réjouissant. Un trésor national!