• par (Libraire)
    22 décembre 2019

    Imaginez Sex and the City réécrit par Michel Houellebecq. Voilà, j'ai toute votre attention.
    Elle est jeune, belle, riche, habite Manhattan et travaille dans une galerie d'art. Toute ressemblance avec un conte de fée s'arrête là, car notre jeune demoiselle, n'arrivant plus à ressentir quoi que ce soit, décide de dormir pendant un an, au moyen de médicaments, persuadée qu'elle se réveillera sous un jour nouveau. Avec une sorte de distance cruelle, elle va nous livrer ses réflexions sur les relations humaines, le monde qui l'entoure et ses faux-semblants. Peu à peu, les raisons qui l'ont plongée dans une sorte de paralysie émotionnelle deviennent évidentes.
    L'auteure réussit brillamment à nous faire ressentir les effets de ce sommeil artificiel et nous offre une fin brillante, à la hauteur de son propos.


  • 21 août 2019

    New-York, somnifères

    Un titre parfait pour les vacances pendant lesquelles repos et détentes sont au programme.

    Pas facile de dormir tout le temps, pourtant, et le personnage principal dégote une psy un peu barrée qui lui fait des ordonnances de somnifères sans problème.

    Si au début tout se passe bien, un nouveau médicament qui la fait dormir 3 jours d’affilés lui fait faire des choses dont elle ne se souvient pas à son réveil (aller s’acheter à manger ou faire des achats sur Internet).

    Son amie Reva lui rend visite de temps à autre.

    Mais l’héroïne, dont on ne saura jamais le nom, n’a que faire des problèmes de son amie, concentrée sur sa rupture avec Trevor.

    On comprend, au fil des pages, que son besoin d’hibernation vient de la mort de ses parents survenue quelques années avant, et qu’elle n’a pas surmontée. J’ai aimé ses pages pleines de tendresse et de colère de la part de l’orpheline.

    Á travers son personnage, l’auteure dresse un portrait de la société new-yorkaise centrée sur l’apparence (Reva se compare toujours à des actrices, se plaint d’être grosse et se fait vomir).

    Un New York en 2000-2001 où l’on trouve des cassettes vidéos dans les pharmacies.

    Le monde des arts ne cherche que le scandale, le portier lève à peine la tête de son journal et anone automatiquement Joyeux Noël et Bonne année.

    Pourtant, ma lecture a été un peu fastidieuse à cause des trop nombreuses descriptions des somnifères et autres anxiolytiques. Dommage.

    Le tout manque un peu de corps également..

    L’image que je retiendrai :

    Celle de Whoopi Goldberg dont l’héroïne regarde sans cesse tous les films.

    https://alexmotamots.fr/mon-annee-de-repos-et-de-detente-otessa-moshfegh/


  • par (Libraire)
    18 août 2019

    Dans son nouveau roman, O.Moshfegh fait un choix narratif on ne peut plus audacieux. Elle nous fait partager avec un naturel déconcertant le quotidien d’une jeune fille dépressive à souhait qui considère que seule une hibernation narcotique sera susceptible de la sortir de son marasme existentiel.
    A 26 ans, jeune, jolie et fraîchement diplômée de Columbia, l' héroïne travaille dans une galerie d’art branchée de Manhattan où elle occupe un appartement payé par son héritage. Malgré cette situation plus que privilégiée, elle est engluée dans une existence qui ne lui procure aucune satisfaction, exaspérée par la société superficielle et ultra consommatrice qui l’entoure. Elle décide dès lors de s’octroyer, avec l’aide d’une psychiatre loufoque, une année de sommeil dans l’espoir de renaître avec une conscience au monde renouvelée.
    Shootée quotidiennement par un cocktail explosif d’antidépresseurs et d’anxiolytiques, elle alterne heures de veille durant lesquelles elle reste plantée devant des films VHS, des trous noirs dont elle ne garde aucun souvenir et un sommeil harassant interrompu par les visites de sa meilleure amie Reva.
    Durant cette année passée sous l’influence d’une combinaison folle de médicaments qui la plonge dans un marécage sans nom, elle s’adonne avec une liberté de ton absolue à l’analyse sarcastique d’un monde dénué de sens.
    Avec un humour grinçant à la Woody Allen, la jeune femme nous entraîne avec virtuosité dans une bulle délirante que l’on peine à quitter. Tendre et hilarant à la fois, ses réflexions révèlent une lucidité sur le monde que le lecteur partage avec la plus grande sympathie. L’expérience s’avère au final assez tentante !
    Virevoltant et addictif.